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Au Sujet de BERMS


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 Vue d'ensemble

Questions fréquemment posées... et réponses 

1. À quel endroit le projet BERMS se déroule-t-il?

Le projet BERMS se déroule du côté méridional (sud) de la forêt boréale Canadienne. Le secteur d'étude se situe approximativement à 100 km au nord de Prince Albert, Saskatchewan, Canada.

2. Pourquoi étudier la forêt boréale?

La forêt boréale est un vaste écosystème qui encercle l'hémisphère nord de la Terre. Elle couvre environ 17% de la surface terrestre avec végétation et habite plusieurs espèces animales et forestières. La forêt boréale influence le réchauffement planétaire global par la fixation et le relâchement du dioxide de carbone (CO2), un gaz à effet de serre important.

3. Qui est impliqué dans le projet BERMS?

Trois organismes gouvernementaux fédéraux Canadiens sont responsables de la coordination du projet BERMS. Ceux-ci incluent: Environnement Canada, Ressources Naturelles Canada, et Parcs Canada. Plusieurs collaborateurs incluent des universités Canadiennes (Université de la Colombie Britannique et Université de la Reine (Queen's University)) et des scientifiques des États-Unis et du Japon.

4. Qu'est-ce que la forêt boréale?

La forêt boréale est un vaste écosystème subarctique encerclant l'hémisphère nord de la Terre. Elle couvre environ 17% de la surface terrestre avec végétation et occupe plus de 1/3 du Canada. Elle s'étend de l'Alaska à l'Eurasie en passant par le Canada. Cette forêt est charactérisée par de longs et froids hivers et de courts étés frais. Les cartes ci-dessous sont une courtoisie de Ressources Naturelles Canada.

 

 

D'un point de vue global, la forêt boréale compte pour environ 25% des forêts avec couvert forestiers fermés de la Terre. Elle est aussi charactérisée par de vastes étendues de forêt transitoire ouverte. (Ressources Naturelles Canada, 2002)

   

 

 

 

Forest Regions of Canada

 

La forêt boréale est une des neuf régions forestières du Canada. Ces régions sont différenciées les unes des autres par leur topographie, leur type de sol et leur climat. La forêt boréale, en vert, est de loin la plus grande région, occupant environ 77% du territoire forestier Canadien. (Ressources Naturelles Canada, 2002)

 

 

 

5. Pourquoi les forêts sont-elles importantes pour le carbone?

Le carbone existe principalement dans l'atmosphère sous forme de CO2, un gaz à effet de serre important. Les gaz à effet de serre piègent la chaleur qui est émise par la surface de la Terre, réchauffant ainsi l'atmosphère. Depuis la révolution industrielle, il y a eu une augmentation marquée des émissions et de la concentration atmosphérique de CO2.

Les forêts converstissent le CO2 atmosphérique en composés organiques, comme les feuilles, les branches et les racines des arbres, en parti avec le processus de la photosynthèse. Également, les forêts rejetent du CO2 dans l'atmosphère par les processus de respiration, décomposition et combustion (feux de forêt). Quand la quantité de carbone fixée par la photosynthèse excède la quantité rejetée par la respiration, la décomposition et la combustion, l'écosystème est défini comme étant un puits de carbone pour l'atmosphère. Quand le contraire se produit, l'écosystème est défini comme étant une source de carbone pour l'atmosphère.

6. Quelle est la quantité de carbone fixée et séquestrée par les trois différents écosystèmes forestiers matures étudiés dans le projet BERMS?

Dans le projet BERMS, l'échange de carbone entre la forêt boréale et l'atmosphère est mesuré pour trois types d'écosystèmes forestiers matures de la forêt méridionale (sud) de la Saskatchewan. Chaque écosystème est âgé approximativement de 100 ans et est dominé par une espèce particulière d'arbre: peuplier faux-tremble, épinette noire et pin gris.

 

Le graphique ci-dessus montre la quantité de carbone séquestrée annuellement au site mature de peuplier faux-trembe de 1994 à 2000. La quantité la plus elevée de carbone séquestrée annuellement durant cette période a été en 1998, ceci étant principalement dû à des températures printannières plus élevées que la normale.

Une comparaison des trois types de forêt étudiés dans le projet BERMS montre que chaque écosystème séquestre annuellement une quantité semblable de carbone (productivité nette des écosystèmes). Cependant, les gains en carbone par la photosynthèse et les pertes de carbone par la respiration sont différents pour chaque écosystème. Un des objectifs du projet BERMS est d'estimer de façon précise la photosynthèse et la respiration dans chaque écosystème afin d'obtenir une image plus adéquate de la productivité nette de chaque écosystème (gain ou perte annuelle de carbone par les écosystèmes).

Même si il est très important de déterminer les taux annuels de séquestration du carbone dans ces écosystèmes, il est également nécessaire d'estimer la capacité à long terme du stockage du carbone dans ces écosystèmes.

Le graphique ci-dessus montre la quantité de carbone, en tonnes par hectare, stockée dans chaque écosystème pour la végétation vivante et le matériel organique mort (detritus). Même si la forêt mature de peuplier faux-tremble est l'écosystème le plus productif en termes de végétation vivante, la pessière noire mature (épinette noire) possède la plus grande quantité de carbone stockée sous forme de detritus (majorité sous forme de mousse). La plus faible quantitée de carbone stockée dans la végétation et les détritus se retrouve dans la pinède (pin gris).

Voir également: Quelle quantité de carbone la forêt boréale fixe-t-elle par rapport au budget de carbone mondial?

7. Quelle est la valeur sociale du projet BERMS?

La sylviculture est l'industrie la plus importante exploitant les resources naturelles au Canada (Ressources Naturelles Canada, 2002 ). La forêt boréale représente également un endroit important pour plusieurs autres activités humaines telles que la chasse, le piégeage, et le tourisme. Le projet BERMS fournit des informations importantes pouvant servir à la gestion et au développement durable de la forêt boréale Canadienne. La suivi en continu des processus dans la forêt boréale nous aidera également à comprendre les effets futurs du réchauffement climatique sur la séquestration du carbone dans les écosystèmes nordiques, et fournira l'information nécessaire aux gouvernements pour développer les politiques nationales et internationales reliées aux gaz à effet de serre (Kyoto).

8. La forêt boréale est-elle une " source " ou un "puit " de carbone pour l'atmosphère? Quelle quantité de carbone une forêt tempérée peut-elle emmagasiner?

Bien que notre connaissance du budget réel de carbone des forêts Canadiennes soit limitée, les résultats initiaux du projet BERMS ont montré que la forêt boréale n'est seulement qu'un puits modeste de carbone pour l'atmosphère. En fonction des fluctuations naturelles du climat et des feux de forêts, et également en fonction du mode de gestion des ressources forestières, la forêt boréale Canadienne peut être un puits de carbone pendant quelques années et une source dans d'autres. Une forêt boréale fortement productive peut séquestrer 1 à 3 tonnes de carbone par hectare par an (C ha -1 y -1), comparativement aux émissions per capita de carbone au Canada de 4,4 tonnes de C y -1 . Une forêt boréale typique peut séquestrer seulement de 0,0 à 0,5 tonnes de C ha -1 y-1, tandis qu'à l'échelle du biome, ce qui inclue les pertes de carbone dues au perturbations naturelles, la séquestration n'est seulement que de 0,0 +-0.1 tonnes C ha -1 y -1. Une forêt tempérée de l'Ontario peut séquestrer approximativement 1 à 3 tonnes de carbone par hectare par an, ce qui est 4 fois plus élevé qu'une forêt boréale typique.

9. Que se produit-il quand des forêts sont brûlées ou récoltées?

Quand une forêt est brûlée, il y a un relâchement immédiat du carbone vers l'atmosphère par le processus de combustion. Après un feu et la récolte, la forêt commence a se régénèrer et il y a un relâchement plus lent mais à long terme du carbone vers l'atmosphère, parce que la décomposition est toujours plus élevée que la photosynthèse. Ca peut prendre des décennies avant que la forêt redevienne assez productive pour redevenir un puits de carbone. Cependant, les cycles de perturbation comme les feux de forêt sont essentiels pour le renouvellement de la forêt boréale.

10. Les forêts peuvent-elles être des sources de carbone pour des raisons autres que le feu ou la récolte?

Oui. L'âge, la sécheresse et les infestations d'insectes peuvent également causer une perte de carbone vers l'atmosphère. Quand les forêts vieillissent, elles deviennent graduellement une source nette de carbone pour l'atmosphère en raison de la décomposition des arbres morts. La sécheresse et les infestations d'insecte peuvent également causer des pertes de carbone, en raison de la suppression de la photosynthèse et de la croissance des arbres et en raison de l'augmentation de la respiration.

11. Quelle quantité de carbone la forêt boréale fixe-t-elle par rapport au budget de carbone mondial?

Nous savons que la forêt boréale ne séquestre qu'une minime fraction du carbone atmosphérique mondial sur une base annuelle. Cependant, à long terme, la forêt boréale représente un important réservoir de carbone. L'IPCC (International Panel on Climate Change) signale que 84% de tous les stocks de carbone dans la forêt boréale se retrouvent dans le sol, alors que seulement 16% se retrouve dans la végétation. En raison de ce taux élevé de stockage dans le sol, le biome de la forêt boréale excède fortement le biome très productif de la forêt tropicale dans la quantité totale de carbone stockée. (http://www.grida.no/climate/ipcc/land_use/003.htm)

Tableau 1: Stocks globaux de carbone dans des réservoirs de carbone de végétation et de sol (à une profondeur de 1 m).


Biome

Secteur  

(109 ha)

Stocks Globaux De Carbone (Gt C)

Végétation

Sol

Total


Forêts tropicales

1.76

212

216

428

Forêts tempérées

1.04

59

100

159

Forêts boréales

1.37

88

471

559

Savannes tropicales

2.25

66

264

330

Prairies tempérées

1.25

9

295

304

Déserts et semi-déserts

4.55

8

191

199

Taiga

0.95

6

121

127

Régions humides

0.35

15

225

240

Agriculture

1.60

3

128

131


Total

15.12

466

2011

2477


Note: Il y a une incertitude considérable dans les chiffres présentés dans ce tableau, en raison de l'ambiguïté dans la définition des biomes. La table fournit tout de même une vue d'ensemble de l'importance des stocks de carbone dans les différents systèmes terrestres.

12. À quoi ressemblait le climat du côté méridional de la forêt boréale en Saskatchewan il y a 100 ans?

Il y a environ 100 ans, les hivers à Prince Albert, Saskatchewan, qui se situe du côté méridional (sud) de la forêt boréale, étaient en moyenne plus froids et plus secs que maintenant. Les étés étaient également plus frais et secs.

La plupart des experts conviennent que la température moyenne globale pourraient augmenter de 1 à 6 degrés Celcius au cours du siècle à venir (IPCC). Au Canada, ceci pourrait signifier une augmentation de la température moyenne annuelle entre 5 et 10 degrés Celcius dans quelques régions (Environnement Canada). Ce réchauffement aura lieu majoritairement en hiver et au printemps. Il est difficile de faire des prévisions sur la quantité de précipitations sous un scénario de réchauffement global et il n'est donc pas clair si cette région sera plus sèche ou plus humide dans le futur.  

© B.E.R.M.S 2003

BERMS : Sites de recherche et de surveillance des écosytèmes boréaux